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Pêche de la seiche aux leurres dans les Côtes-d'Armor

Seiche (Sepia officinalis) aux leurres, vu du bord : les postes, les saisons, les marées qui comptent.

La seiche, c'est le céphalopode qui a fait basculer la pêche du bord vers l'eging. Ni un poisson ni un calmar : un mollusque trapu, l'os dans le dos, dix bras dont deux tentacules qu'elle déploie en un éclair pour gober ta turlutte. Du bord, c'est une cible accessible, gourmande, et bien plus combative qu'on ne le croit. Elle tire par à-coups, se cale au fond, projette son encre, et te résiste jusqu'au dernier mètre.

Tu la trouves partout où le sable propre touche de la structure : herbiers de zostères ou de posidonie, pieds de digues, quais de port, plages abritées, pointes rocheuses. Le rendez-vous à ne pas rater, c'est le printemps, quand les seiches quittent le large pour venir pondre sur les herbiers : de mars à mai sur la Manche et l'Atlantique, de février à avril en Méditerranée. Elles sont alors à portée de canne depuis n'importe quelle jetée.

Deux gestes la prennent vraiment du bord. La turlutte ramenée en tirées-pauses, qui est la pêche la plus active et la plus fine, et l'appât naturel présenté au tenya ou sous flotteur, redoutable de nuit dans les ports éclairés. Dans les deux cas, la même règle : la seiche ne tape pas, elle s'installe. Tu sens un poids qui arrive, pas une touche. C'est là qu'il faut mettre en tension sans à-coup et ne plus jamais relâcher.

La seiche aux leurres : comment t'y prendre

L'eging, c'est la technique reine de la seiche du bord. Une canne de 2,40 à 2,70 m à scion sensible, une tresse fine (PE 0.6 à 0.8) et un mètre de fluorocarbone en 25/100 : le combo passe partout. Au bout, une turlutte de taille 2.5 à 3.5 selon la profondeur et le courant, la plus légère possible tant que tu touches le fond. L'animation est simple à décrire et longue à maîtriser : deux ou trois coups de scion secs pour faire monter et zigzaguer la turlutte, puis une pause franche pendant laquelle elle redescend bras écartés. C'est à la descente, sur la pause, que la seiche se jette dessus. Compte jusqu'à cinq, ramène le mou, recommence.

La touche ne ressemble à rien d'autre. Pas de coup sec : la bannière se tend doucement, ou tu remontes ta canne et il y a « du poids ». Ferre en souplesse, sans grand geste, et garde une tension parfaitement constante jusqu'à l'épuisette. La turlutte n'a que des paniers de piques, aucun hameçon ne se plante : la seiche tient parce qu'elle s'agrippe, et le moindre relâché la libère. Ratisse méthodiquement en éventail avant de te déplacer, parce qu'elle occupe des micro-postes : trois mètres à gauche, et tout change.

L'ESSENTIEL · AUX LEURRES
  • Canne eging 2,40-2,70 m à scion sensible, tresse PE 0.6-0.8 et 1 m de fluorocarbone 25/100
  • Turlutte taille 2.5 à 3.5, la plus légère qui touche encore le fond
  • Animation : 2 ou 3 tirées sèches, puis une pause longue, la touche vient à la descente
  • Ferrage en douceur et tension CONSTANTE : sans hameçon piquant, tout relâché la libère
  • Lance en éventail et ratisse le poste avant de changer de place
  • Pointe haute à l'arrivée, sinon tu prends le jet d'encre

Quand : De mars à mai sur la Manche et l'Atlantique, de février à avril en Méditerranée : c'est la montée de ponte sur les herbiers, et de loin le meilleur moment. Seconde fenêtre à l'automne sur les seiches de l'année devenues belles.

Pêcher la seiche dans les Côtes-d'Armor

Sur la Manche et l'Atlantique, tout se joue au printemps et à la marée. Les seiches montent pondre sur les herbiers de zostères de mars à mai, et deviennent accessibles depuis les digues, les cales, les pointes et les ports. Pêche les phases de courant modéré, en fin de montant et au début du descendant : l'étale de pleine mer, avec une bonne hauteur d'eau au pied des ouvrages, reste le créneau le plus sûr. En plein courant de vive-eau, ta turlutte décolle et ne travaille plus. Regarde la courbe de marée du spot avant de choisir ton heure.

Marées et conditions : quand sortir

La seiche chasse à vue : elle veut une eau claire à légèrement teintée et une mer calme à peu agitée. Un vent modéré qui ride la surface ne gêne pas, mais la grosse houle la fait décoller vers des fonds plus tranquilles, et l'eau chargée d'après tempête annule la session. Elle est largement nocturne : le lever du jour, la tombée de la nuit et la nuit elle-même sont tes meilleurs créneaux, surtout sous un éclairage de port. Sur la Manche et l'Atlantique, ajoute la marée à l'équation et vise les courants modérés plutôt que les vive-eaux. Et dans tous les cas, pêche lentement : la seiche vient sur ce qui traîne, jamais sur ce qui fuit.

Pour aller plus loin : apprends à lire une courbe de marée, chaque fiche spot de la carte affiche la courbe du jour avec les horaires de pleine et basse mer.

Où pêcher la seiche dans les Côtes-d'Armor : les spots de la carte

Coordonnées floutées de plusieurs centaines de mètres en accès gratuit : explore la carte complète.

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